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Ménopause, microbiote intestinal et gemmothérapie: une approche de terrain

  • Photo du rédacteur: epona rodriguez
    epona rodriguez
  • 23 déc. 2025
  • 13 min de lecture

Dernière mise à jour : 24 déc. 2025

Bourgeons et fleurs de pommier
Bourgeons et fleurs de pommier

La ménopause n’est pas qu’une histoire de bouffées de chaleur.

Elle constitue une étape physiologique majeure, marquée par un véritable remaniement systémique : chute des œstrogènes et de la progestérone, modifications du métabolisme glucido-lipidique, redistribution de la masse grasse vers la région abdominale, augmentation du risque cardio-métabolique, fragilisation osseuse, mais aussi altération des différents microbiotes (intestinal, vaginal, urinaire, buccal). Dans ce contexte, de nombreuses femmes se tournent vers des approches dites naturelles pour accompagner cette transition, parfois par conviction, parfois par nécessité, notamment en cas de contre-indication ou de refus d’un traitement hormonal. Parmi ces approches, la gemmothérapie occupe une place particulière.

Même si la phytothérapie et la gemmothérapie utilisent toutes deux des plantes, leurs mécanismes ne sont pas identiques. La phytothérapie repose sur l’emploi des différentes parties de la plante adulte (feuilles, fleurs, racines, écorces), tandis que la gemmothérapie utilise exclusivement les tissus embryonnaires végétaux, tels que les bourgeons, les jeunes pousses ou les radicelles. Ces tissus sont mis à macérer dans un mélange d’eau, d’alcool et de glycérine, selon des protocoles décrits par la Pharmacopée européenne, et inspirés des travaux de Pol Henry. Il en résulte des macérats de bourgeons concentrés ou des préparations de type 1DH, plus diluées, contenant un ensemble complexe de composés bioactifs, notamment des polyphénols, des acides phénoliques, des vitamines, des minéraux et parfois des fractions aromatiques.

Sur le plan scientifique, il existe à ce jour quelques travaux in vitro, et sur modèles animaux,

mettant en évidence, par exemple, une activité antioxydante et antimicrobienne de macérats issus de différents bourgeons. Et plus récemment, diverses études ont également décrit de manière précise la composition chimique de ces derniers, confirmant leur richesse en métabolites secondaires aux propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires, en particulier en polyphénols.

Néanmoins, pour rester rigoureux et impartiaux, il est important de souligner que l’on dispose encore de très peu d’essais cliniques randomisés chez l’humain, et de données encore plus limitées concernant spécifiquement la ménopause. Cette absence de validation clinique robuste ne permet donc ni de confirmer formellement l’ensemble des effets observés expérimentalement, ni d’en préciser avec exactitude les bénéfices et les limites dans un cadre clinique bien défini.

Il convient toutefois de rappeler qu’une absence de preuve ne signifie pas une absence d’effet.

De nombreux mécanismes biologiques ont d’abord été observés de manière empirique ou expérimentale avant d’être confirmés par des études cliniques de grande ampleur. Pour autant,

en l’absence de données suffisantes permettant d’évaluer à la fois les bénéfices et les risques potentiels, une posture de prudence demeure indispensable.


"La gemmothérapie doit être intégrée dans une stratégie plus large, cohérente et individualisée, respectueuse de la complexité du vivant et des besoins spécifiques de chaque femme."


La gemmothérapie est souvent présentée comme une “thérapeutique de terrain” : l’idée est moins de faire disparaître un symptôme isolé que de moduler progressivement un terrain inflammatoire, hormonal ou émotionnel. Les bourgeons concentrent en effet une grande diversité de polyphénols, flavonoïdes, tanins, acides phénoliques et vitamines qui confèrent aux extraits une action antioxydante et anti-inflammatoire démontrée pour plusieurs espèces .

Chez la femme en péri, ou post-ménopause, les bourgeons vont être conseillés pour agir sur plusieurs axes :

  • hormonal et gynécologique (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, troubles du cycle de la péri-ménopause, sécheresse et inconfort uro-génital)

  • inflammatoire et douloureux (douleurs articulaires, raideurs, terrain arthrosique) ;

  • axe neuro-émotionnel (anxiété, irritabilité, troubles du sommeil)

  • digestif et hépatique (ballonnements, lenteur digestive, inconfort lié à la mise en place d’une alimentation plus riche en fibres)

  • osseux et métabolique (prévention de l’ostéopénie, soutien de la reminéralisation, accompagnement d’un syndrome métabolique débutant)

Mais, si du point de vue naturopathique, la gemmothérapie peut légitimement s’inscrire dans le soutien du terrain et dans l’accompagnement d’un travail plus global, notamment autour du microbiote intestinal, il n’existe à ce jour aucune preuve solide permettant d’affirmer qu'utilisée seule, elle puisse normaliser des bouffées de chaleur sévères au point de se substituer à un traitement hormonal médicalement indiqué. Elle ne peut pas davantage corriger une ostéoporose déjà installée, inverser un syndrome métabolique ou un diabète de type 2, traiter une dépression caractérisée ou un trouble anxieux majeur, ni prendre en charge une pathologie auto-immune ou cancéreuse. Ni, à elle seule, restaurer en profondeur un microbiote intestinal durablement altéré, l’organisme humain reposant sur une multitude de mécanismes, d’organes et d’interactions complexes. Dans ce contexte, il serait illusoire, et potentiellement dangereux, de penser que l’amélioration, voire la disparition de symptômes, puisse résulter d’une action unique et isolée.

Gemmothérapie et microbiote intestinal

Face à la complexité de la ménopause, il est tentant de chercher « le » bourgeon capable de résoudre à lui seul les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil ou la prise de poids. Cette approche restrictive, centrée sur un remède unique, peut être rassurante : elle donne l’impression d’apporter une réponse simple à une situation complexe. Pourtant, la physiologie de la ménopause, et le rôle central du microbiote intestinal, montrent rapidement les limites de cette vision.

Lors de la chute des œstrogènes et de la progestérone, il a en effet été observé chez de très nombreuses femmes une diminution de la diversité bactérienne, associée à une évolution du microbiote intestinal vers un profil plus inflammatoire. Cette transition hormonale n’affecte donc pas uniquement l’utérus et les ovaires, mais s’accompagne de modifications profondes de l’écosystème intestinal, aujourd’hui reconnu comme un acteur clé de la régulation hormonale, métabolique et inflammatoire. Pour en savoir plus sur le sujet

Les troubles digestifs fonctionnels deviennent plus fréquents, avec des ballonnements, un transit ralenti ou irrégulier et une hypersensibilité viscérale. Sur le plan neuro-émotionnel, des troubles du sommeil, des phases d’anxiété ou de baisse de moral sont couramment rapportés. S’y associent souvent des douleurs articulaires ou musculaires diffuses, ainsi qu’une augmentation de la masse grasse, avec une tendance marquée à l’accumulation abdominale, et une élévation de l’insulinorésistance.

Ces manifestations ne sont aujourd’hui plus considérées comme indépendantes les unes des autres, et la recherche médicale les relie de plus en plus clairement à la dysbiose intestinale, ainsi qu’à l’augmentation de la perméabilité de la muqueuse intestinale. Cette dernière favorisant le passage de lipopolysaccharides (LPS) et d’autres métabolites pro-inflammatoires dans la circulation, entretient une inflammation de bas grade chronique susceptible d’amplifier l’ensemble des déséquilibres associés à la ménopause.

Cette compréhension du rôle du microbiote intestinal conduit à une constatation essentielle :

la dysbiose constitue un élément clé dans la manière dont la ménopause est vécue, tant sur le plan physique qu’émotionnel et métabolique. Si certains bourgeons peuvent effectivement apporter un apaisement ponctuel, notamment sur la sphère nerveuse ou digestive, une alimentation pauvre en fibres végétales variées (légumes, légumineuses, céréales complètes, fruits) et/ou riche en sucres rapides ou en produits ultra-transformés continuera d’entretenir le microbiote dans un profil pro-inflammatoire. Dans ce contexte, l’action des bourgeons devient nécessairement limitée, voire insuffisante.

S’appuyer exclusivement sur la gemmothérapie revient alors à s’éloigner des principes mêmes de la naturopathie, qui repose sur une approche globale et causale. Une telle démarche risque de réduire les bourgeons à une action de type « pansement », visant principalement à atténuer un symptôme, sans agir en profondeur sur les mécanismes qui en sont à l’origine.


Contre-indications & précautions


Microbiote intestinal-polyphénols et intolérance

Parce que la gemmothérapie est souvent associée à des termes tels que « bourgeons », « énergie »,

ou « embryons végétaux », elle bénéficie d’une image de méthode très douce, presque anodine. Pourtant, il ne faut jamais oublier qu’une plante, une fleur, ou des feuilles, peuvent également posséder des propriétés toxiques et donc potentiellement dangereuses.

Par ailleurs, les concentrations en métabolites secondaires restent significatives, et les macérâts sont élaborés dans des solvants hydro-alcooliques ou alcool-glycérine. Il me semble donc indispensable d’en rappeler les contours de sécurité.

Les macérats de bourgeons utilisés en gemmothérapie sont naturellement riches en polyphénols,

des composés végétaux largement reconnus pour leurs propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et modulatrices du microbiote intestinal. Cette richesse constitue l’un des fondements de l’intérêt thérapeutique de la gemmothérapie. Toutefois, dans certains contextes physiologiques particuliers, et notamment en cas de dysbiose intestinale et/ou de perméabilité accrue de la muqueuse intestinale, ces mêmes composés peuvent devenir mal tolérés, voire problématiques. En effet, lorsque le microbiote est déséquilibré, il n’est plus en capacité d’assurer correctement la transformation et la métabolisation des polyphénols.

Par ailleurs, une porosité intestinale favorisant le passage de ces molécules, ou de leurs dérivés, vers la circulation systémique, expose le système immunitaire à des substances qu’il n’est plus en mesure de tolérer correctement.

Chez de nombreuses personnes, l’intolérance aux polyphénols demeure très souvent méconnue, les réactions pouvant tout simplement se traduire par de simples troubles digestifs : ballonnements, douleurs abdominales, sensation de lourdeur, transit perturbé ou inconfort après les repas.

Fréquemment banalisés, ces troubles digestifs seront attribués au stress,

ou à une « digestion difficile ». De plus ,dans le cadre d’un microbiote intestinal déséquilibré, certains polyphénols, en particulier lorsqu’ils sont concentrés, peuvent agir comme déclencheurs histaminiques ou aggraver un terrain déjà sensible à l’histamine.

Cela rappelle que le caractère naturel d’un extrait végétal ne garantit pas qu’il soit adapté à tous les contextes.

Dans le cadre de la gemmothérapie, cette réalité impose une grande prudence, en particulier chez les personnes présentant des troubles digestifs chroniques, une hypersensibilité alimentaire, un terrain inflammatoire, ou des réactions évocatrices d’une intolérance à l’histamine.

L’introduction de macérats riches en polyphénols doit alors se faire de manière progressive, individualisée, idéalement avec un accompagnement professionnel, et toujours en tenant compte de l’état du microbiote intestinal.


 Les solvants

La plupart des macérats de bourgeons commercialisés sont des extraits hydro-alcooliques, contenant une proportion variable d’alcool, parfois de l’ordre de 30 à 40 % vol. dans le flacon. Même si la prise se fait en gouttes et que la quantité ingérée reste faible, la présence d’alcool doit être prise en compte avec attention dans certaines situations cliniques.

Cette vigilance ne concerne pas uniquement les personnes présentant un antécédent d’alcoolisme, en situation de sevrage, ou atteintes de pathologies hépatiques sévères. Elle s’étend également aux personnes souffrant d’une stéatose hépatique non alcoolique, une pathologie aujourd’hui fréquemment rencontrée en consultation, notamment chez les femmes en péri, et post-ménopause.

Dans le cadre d’une stéatose, le foie est déjà soumis à une surcharge métabolique, associée à l’insulinorésistance, à l’inflammation de bas grade et, fréquemment, à une dysbiose intestinale.

Les capacités de détoxification hépatique peuvent alors être altérées, rendant l’organisme plus sensible aux solvants, y compris à de faibles quantités d’alcool répétées dans le temps. Dans ce contexte, l’utilisation de macérats alcooliques peut représenter une contrainte supplémentaire pour un foie déjà fragilisé.

Lorsque l’usage de la gemmothérapie est envisagé chez ces personnes, il peut être nécessaire de se tourner vers des formes non alcoolisées, lorsqu’elles existent. Toutefois, ces préparations reposent sur des procédés d’extraction différents, susceptibles de modifier la composition et l’efficacité du produit. Par ailleurs, toutes les plantes ou tous les bourgeons ne sont pas disponibles sous forme non alcoolisée, ce qui limite parfois les alternatives possibles.

D’autres situations justifient également une prudence accrue : épilepsie, grossesse et allaitement, enfance, troubles neurologiques ou psychiatriques sensibles à l’alcool, ainsi que certaines interactions médicamenteuses. De même, chez les personnes présentant des pathologies digestives inflammatoires sévères, l’alcool peut majorer l’irritation de la muqueuse digestive.

Mais outre l’alcool, la plupart des macérats de bourgeons utilisés en gemmothérapie contiennent également de la glycérine végétale, intégrée au solvant afin de faciliter l’extraction de certains composés hydrosolubles, et d’améliorer la stabilité des préparations.

La glycérine bénéficie généralement d’une image rassurante : elle est souvent perçue comme douce et bien tolérée, notamment parce qu’elle est largement utilisée dans les préparations alimentaires, pharmaceutiques et cosmétiques. Pourtant, comme tout excipient biologiquement actif, la glycérine n’est pas totalement neutre. Son impact dépend, là encore, étroitement du terrain physiologique de la personne.

Sur le plan métabolique, la glycérine peut être transformée par le foie en source d’énergie assimilable sous forme de sucre. Chez une personne dont le métabolisme est équilibré, cet effet est le plus souvent sans conséquence. En revanche, chez les personnes présentant une sensibilité à la gestion du sucre, une tendance à l’insulinorésistance ou un syndrome métabolique, situations fréquentes en péri- et post-ménopause, cette transformation peut devenir plus problématique.

Dans ces contextes, la prise répétée de préparations contenant de la glycérine, même en petites quantités, peut représenter une charge supplémentaire pour l’équilibre glycémique, souvent sous-estimée. Cela peut se manifester par une sensation de fatigue après les prises, des variations d’énergie au cours de la journée ou des envies alimentaires inhabituelles, sans que le lien avec la préparation utilisée ne soit identifié.

Mais concernant la sphère digestive, la glycérine possède également la capacité d’attirer l’eau dans l’intestin, ce qui peut influencer le transit. Chez certaines personnes, notamment celles présentant un syndrome de l’intestin irritable, une hypersensibilité digestive ou une dysbiose intestinale marquée, cet effet peut favoriser des ballonnements, des inconforts abdominaux ou des modifications du transit, parfois vers une accélération. Ces réactions sont alors fréquemment attribuées à la plante elle-même, alors qu’elles peuvent être liées, au moins en partie, au solvant.

En cas de perméabilité intestinale, cette vigilance est d’autant plus importante qu’une muqueuse fragilisée peut réagir de manière disproportionnée à des substances habituellement bien tolérées. La glycérine, bien que non toxique, peut ainsi participer à une irritation fonctionnelle de la sphère digestive ou accentuer des réactions d’hypersensibilité, notamment lorsqu’elle est associée à des extraits riches en polyphénols ou à un terrain sensible à l’histamine.

Il convient également de souligner que la glycérine est parfois utilisée comme alternative lorsque l’on souhaite limiter ou éviter l’alcool. Si cette substitution peut être pertinente dans certaines situations, elle ne constitue pas pour autant une solution universelle. Une préparation sans alcool mais riche en glycérine peut s’avérer mal adaptée chez certaines personnes présentant des déséquilibres digestifs, métaboliques ou une hypersensibilité intestinale.

Tout cela rappelle qu’un complément, même lorsqu’il est d’origine végétale, n’est jamais une substance isolée, mais le fruit d’un assemblage de plusieurs composants. En gemmothérapie comme en phytothérapie, il est donc essentiel d’évaluer non seulement la plante ou le bourgeon utilisé, mais aussi l’ensemble de la préparation et de ses constituants, y compris les solvants.

Alcool et glycérine doivent ainsi être considérés comme des éléments à part entière de la réponse de l’organisme, en particulier chez les personnes présentant une dysbiose intestinale, une perméabilité accrue, un terrain inflammatoire ou des déséquilibres métaboliques. Même lorsqu’une préparation est qualifiée de « naturelle » ou de « douce », son utilisation nécessite une approche individualisée, tenant compte du fonctionnement digestif, hépatique et métabolique réel de la personne. Cette vigilance permet d’éviter des réactions indésirables mal comprises et de préserver la cohérence d’une démarche naturopathique respectueuse du terrain.Ces éléments soulignent l’importance d’évaluer non seulement la plante utilisée, mais aussi le solvant et le terrain hépatique réel, souvent sous-estimé.

En gemmothérapie, comme dans toute approche phytothérapeutique, l’existence d’une fragilité hépatique, même non alcoolique, doit être prise en compte dans toute décision d’accompagnement.


Action hormonale et autres constituants actifs : une vigilance indispensable

Au-delà des solvants et des composés polyphénoliques, certains bourgeons utilisés en gemmothérapie exercent une action hormonale ou dite “hormone-like”. C’est le cas, entre autres, de l’airelle rouge, du framboisier, du séquoia (Sequoia gigantea), ainsi que de certaines préparations associées, fréquemment proposées dans le contexte de la ménopause. Même si les mécanismes précis par lesquels ces bourgeons interviennent sur la régulation hormonale ne sont pas encore totalement élucidés sur le plan scientifique, leur effet biologique est bien réel, comme en attestent les observations cliniques et les sources de référence en phytothérapie et en gemmothérapie.

L’utilisation de bourgeons à action hormonale doit être soigneusement évaluée chez les personnes suivant un traitement hormonal substitutif ou des thérapies endocriniennes spécifiques, en raison du risque d’interactions ou de modulation non souhaitée des voies hormonales.

De plus, les sources spécialisées s’accordent notamment pour recommander une vigilance accrue, voire une contre-indication, en cas d’antécédent ou de cancer hormono-dépendant en cours, tels que les cancers du sein, de l’endomètre ou certains cancers de l’ovaire. La grossesse constitue également une situation nécessitant une grande prudence, la plupart de ces bourgeons n’ayant pas fait l’objet d’évaluations de sécurité suffisantes dans ce contexte.

Par ailleurs, certains bourgeons sont appréciés pour des effets spécifiques qui, là encore, justifient une utilisation encadrée.

Le cassis, par exemple, est souvent recherché pour son action anti-inflammatoire et son effet dit “cortison-like”. Cette propriété peut être intéressante sur certains terrains inflammatoires, mais elle impose une prudence particulière chez les personnes souffrant d’hypertension artérielle mal contrôlée, d’insuffisance cardiaque, ou chez celles suivant une corticothérapie prolongée, en raison du risque de d’effets indésirables.

D’autres bourgeons posent aussi question, du fait de certains constituants spécifiques.

C’est notamment le cas du saule (Salix spp.), dont les bourgeons contiennent des dérivés salicylés. Ces composés peuvent s’avérer problématiques, voire dangereux, chez les personnes présentant une allergie à l’aspirine, suivant un traitement anticoagulant, ou ayant des antécédents d’ulcère gastro-duodénal.

Par ailleurs, chez des personnes sensibilisées aux pollens ou à certaines familles botaniques, le risque d’allergies croisées ne doit pas être négligé, y compris avec des extraits issus de bourgeons.

Ces différents éléments rappellent que, si la gemmothérapie est souvent perçue comme une approche “douce”, elle demeure un outil pharmacologiquement actif, capable d’interagir avec des systèmes physiologiques majeurs tels que le système endocrinien, cardiovasculaire ou immunitaire. À ce titre, elle mérite le même niveau de prudence, de cohérence et d’individualisation que les autres formes de phytothérapie.

Enfin, il est essentiel de rappeler que la gemmothérapie ne doit jamais retarder une prise en charge médicale lorsqu’un symptôme sort du cadre fonctionnel.

Des signes tels que des métrorragies post-ménopausiques, un amaigrissement inexpliqué, une fièvre persistante, des douleurs thoraciques, des symptômes urinaires fébriles ou un état dépressif majeur ne relèvent pas, en première intention, de la gemmothérapie, mais nécessitent une évaluation médicale adaptée.


Conclusion

La gemmothérapie occupe aujourd’hui une place importante dans l’accompagnement de la ménopause. Souvent perçue comme une approche douce, naturelle et facile d’accès, elle suscite un intérêt croissant chez les femmes en quête de solutions alternatives ou complémentaires. Pourtant, comme l’ensemble de cet ouvrage l’a montré, cette perception mérite d’être nuancée et approfondie.

La ménopause n’est pas un simple événement hormonal isolé, mais une transition impliquant des interactions complexes entre le système endocrinien, le microbiote intestinal, le métabolisme, le système nerveux et l’équilibre émotionnel. Dans ce contexte, la gemmothérapie peut constituer un outil pertinent de soutien du terrain, à condition d’être utilisée avec discernement, rigueur et compréhension des mécanismes sous-jacents.

Si les bourgeons, par leur richesse en métabolites actifs, peuvent accompagner certaines adaptations physiologiques, moduler des terrains inflammatoires ou émotionnels, et participer à l’amélioration du confort fonctionnel, ils ne peuvent ni compenser à eux seuls une dysbiose intestinale installée, ni corriger des déséquilibres alimentaires, métaboliques ou émotionnels profonds. Utilisée de manière isolée, la gemmothérapie risque alors de se limiter à une action symptomatique, éloignée de l’approche globale et causale qui fonde la naturopathie.

L’analyse des risques et des contre-indications rappelle également une réalité essentielle :

le caractère naturel d’une substance ne garantit pas qu’elle soit adaptée à tous les terrains.

Solvants, polyphénols, actions hormonales ou constituants spécifiques peuvent devenir problématiques dans certaines situations, notamment en cas de dysbiose intestinale, de perméabilité accrue, de fragilité hépatique, de troubles métaboliques ou de sensibilité à l’histamine. Ces réactions sont d’autant plus insidieuses qu’elles se manifestent souvent par des symptômes banalisés, retardant leur identification et leur prise en compte.

Cette réalité impose une posture claire : la gemmothérapie n’est ni un remède capable de guérir tous les maux, ni un substitut à une prise en charge médicale. Elle ne doit jamais retarder un diagnostic, ni masquer des signaux d’alerte cliniques.

En revanche, intégrée dans une approche globale, individualisée et évolutive, elle peut trouver une place juste et cohérente, en complément d’un travail fondamental sur l’alimentation, le microbiote intestinal, la gestion émotionnelle et l’hygiène de vie.

Finalement, accompagner la ménopause ne consiste pas à faire taire des symptômes, mais à comprendre ce que le corps exprime à travers eux. C’est dans la cohérence de l’ensemble, et non dans la multiplication de solutions isolées, que réside la véritable clé d’un accompagnement respectueux, durable et profondément aligné avec la physiologie féminine.






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     Epona Rodriguez-Benhoumeur

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