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Ménopause et Microbiote intestinal: le lien insoupçonné.

  • Photo du rédacteur: epona rodriguez
    epona rodriguez
  • 9 déc. 2025
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 31 déc. 2025

La ménopause ne se résume pas à une simple chute hormonale ; c’est une période de profond chamboulement pour la femme.

Si cette chute des hormones entraîne des transformations physiques, comme cette prise de poids qui s’installe petit à petit, ou la peau qui devient plus fine et plus fragile, c’est aussi, et peut-être surtout, sur le psychisme qu’elle laisse son empreinte : humeur, énergie, sommeil, sans oublier les sacro- saintes bouffées de chaleur, terreurs de (presque ) toutes les femmes. La ménopause, avouons-le, n'est jamais une période que les femmes imaginent, et vivent, avec beaucoup de sérénité!

Mais il existe malgré tout une très bonne nouvelle : tous ces bouleversements peuvent être contrebalancés, et même nettement atténués, grâce au lien étroit qui relie nos hormones à notre microbiote intestinal. Car oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, nos bactéries intestinales ne servent pas qu'à avoir une digestion harmonieuse; notre microbiote joue un rôle beaucoup plus important qu’on ne l’imaginait, dans cette transition.

"La diminution des œstrogènes modifie donc la flore intestinale, mais un microbiote déséquilibré va lui-même amplifier les variations hormonales; c’est un système à double sens, où chacune des deux sphères influence l’autre."

Le microbiote intestinal, que l'on nomme aussi "flore intestinale" est ce que l'on appelle un

" écosystème"; un ensemble d’êtres vivants qui cohabitent tous au sein d’un milieu ou d’un environnement spécifique, et interagissent entre eux . Nous y trouvons des champignons, virus, mais ce sont principalement les bactéries qui forment notre microbiote. C'est pourquoi on parle souvent de "bactéries intestinales", même si ce n’est pas tout à fait exact, un champignon tel que le Candida albicans rendant aussi de grands services. Mais je m’égare !

Le microbiote intestinal ne " sert pas" qu'à ne pas être constipé(e ) et à avoir une bonne digestion; les bactéries intestinales nous rendent de très nombreux services, en commençant par s'occuper de notre système immunitaire. On leur doit la capacité de notre organisme à résister a un virus, une bactérie "agressive". Mais pas seulement. Elles aident aussi à ce que le Fer, la vitamine D,

la vitamine B12, et plein d'autres choses, soient correctement créés. Dont des hormones. Ce qui nous amène à la ménopause.


Plusieurs études ont montré que, chez les femmes ménopausées, au moment où les ovaires ne jouent plus leur rôle principal, le microbiote intestinal participe alors à un système de régulation compensatoire. Certaines bactéries intestinales sont en effet capables de produire des enzymes spécifiques, comme les β-glucuronidases, qui permettent de transformer les œstrogènes au niveau de l’intestin. Ce qui est particulièrement remarquable, c’est que ce mécanisme n’est pas observé chez les femmes non ménopausées, et semble apparaître précisément lorsque la production ovarienne a cessé.

La diminution des œstrogènes encore présents dans l’organisme est donc étroitement associée à la diversité et à la composition du microbiote intestinal, et plus particulièrement à un ensemble spécifique de bactéries regroupées sous le nom d’estrobolome.

Lorsque l'estrobolome est équilibré, il peut donc aider l’organisme à mieux gérer la baisse des œstrogènes. Ce rôle de "soutien" permet d’atténuer les variations hormonales et de rendre les symptômes de la ménopause plus supportables. Mais inversement, lorsque le microbiote intestinal se déséquilibre, l'estrobolome se déséquilibre aussi, et ce mécanisme compensatoire fonctionne moins bien. Les bactéries qui participent à la transformation des œstrogènes étant moins nombreuses, les œstrogènes sont moins bien utilisés par l’organisme, et l’équilibre hormonal devient plus fragile. Notre organisme perd alors une partie de sa capacité naturelle à s’adapter : les variations hormonales sont plus brutales, et les symptômes ( humeur, sommeil, poids, bouffées de chaleur ) peuvent s'accentuer. Autrement dit: si la diminution des œstrogènes modifie la flore intestinale, un microbiote déséquilibré va lui-même amplifier les variations hormonales. Nous sommes dans une relation à double sens, où chacune des deux sphères influence l’autre.

Cela explique pourquoi deux femmes du même âge, avec des taux d’œstrogènes similaires, peuvent vivre une ménopause totalement différente : la qualité de leur microbiote fait la différence.

Mais comment nos hormones communiquent-elles avec nos bactéries ? Et comment nos bactéries influencent-elles nos hormones, nos émotions et même notre thermorégulation ?Ce lien étroit s’explique en grande partie par des cellules discrètes mais essentielles : les cellules entéro-endocrines.

" notre humeur, notre sommeil, notre énergie et même notre résistance émotionnelle dépendent de la diversité bactérienne, mais aussi, en grande partie, de notre alimentation"

Dans notre intestin, ces cellules très particulières forment, après le cerveau, le plus grand système endocrinien du corps humain.

Elles ne représentent qu’environ 1 % de toutes les cellules qui tapissent l’intestin, mais forment pourtant un véritable système hormonal capable de produire plus d’une vingtaine d’hormones impliquées dans:

  • l’appétit

  • la satiété

  • la glycémie et la sensibilité à l’insuline

  • le métabolisme des lipides

  • le stress

  • le sommeil

  • l’humeur et même l’énergie quotidienne.

On leur doit aussi la production de la sérotonine, hormone dite "de la bonne humeur".

Ces cellules communiquent en permanence avec le cerveau, le système nerveux autonome et le système immunitaire. Mais elles ne fonctionnent correctement que lorsque le microbiote les stimule : ce sont réellement les bactéries intestinales qui donnent le signal permettant à ces cellules de libérer leurs hormones. Et ce dialogue constant passe par deux familles de molécules produite, ou transformées, par les bactéries : les acides gras à chaîne courte, que l’on appelle AGCC, et les acides biliaires secondaires.


Les AGCC ne peuvent être fabriqués que par le microbiote intestinal lorsqu’il digère certaines fibres alimentaires spécifiques. Ils permettent d’augmenter la production de sérotonine, de renforcer la barrière intestinale, de stimuler les hormones de la satiété (comme GLP-1), de réduire l’inflammation, et de stabiliser la glycémie.

En d’autres termes, notre humeur, notre sommeil, notre énergie et même notre résistance émotionnelle dépendent de la diversité bactérienne, ainsi que de la présence de certaines souches clés, mais aussi, en grande partie, de notre alimentation, et de la capacité de nos bactéries intestinales à transformer ce que nous mangeons!


Les acides biliaires secondaires, eux, ne peuvent exister que grâce à l’action du microbiote : ce sont uniquement certaines bactéries intestinales qui transforment les acides biliaires primaires, fabriqués par le foie, en molécules capables d’activer des récepteurs essentiels à :

  • la régulation du métabolisme des lipides

  • la sensibilité à l’insuline

  • la dépense énergétique

  • la thermorégulation.

Lorsque l’alimentation manque de fibres, contient trop de graisses saturées ou d’aliments ultra-transformés, ou lorsqu’une dysbiose est déjà présente, la transformation des acides biliaires devient moins efficace, et plusieurs symptômes typiques de la ménopause s’accentuent.

C’est ainsi que l’on comprend pourquoi un microbiote en déséquilibre rend les bouffées de chaleur plus fréquentes, la prise de poids abdominale plus rapide, la glycémie plus instable, la peau plus sèche ou moins tonique. Chute hormonale et dysbiose se renforcent mutuellement.


"Le microbiote joue un rôle fondamental dans la manière dont nous vivons chacun de ces symptômes : humeur, poids, peau, sommeil, digestion, énergie, bouffées de chaleur. Travailler sur son microbiote, c’est retrouver une stabilité globale — physique, émotionnelle, métabolique."

La bonne nouvelle, c’est que tous ces mécanismes sont profondément influencés par l’alimentation. Si les régimes restrictifs, les graisses saturées, l’alcool, les sucres rapides et les aliments ultra-transformés fragilisent l’écosystème intestinal, les fibres prébiotiques, les polyphénols, les oméga-3, les aliments fermentés et les végétaux nourrissent les bactéries protectrices, favorisant la production d’AGCC et améliorant la transformation des acides biliaires. Ce que l’on met dans notre assiette influence donc le microbiote, qui influence les molécules produites, qui influencent ensuite nos hormones et notre vécu de la ménopause. La boucle est bouclée!

Tout ceci nous amène donc à une constatation simple : non, ce n’est pas psychologique, c’est biologique.

Nous ne devenons pas, à la ménopause, des dépressives acariâtres, et notre transformation physique, notre prise de poids ou nos envies alimentaires ne sont pas le résultat d’un "laisser-aller". La chute de nos hormones, associée à un microbiote intestinal déboussolé, en sont les principales causes.

Le microbiote joue un rôle fondamental dans la manière dont nous vivons chacun de

ces symptômes : humeur, poids, peau, sommeil, digestion, énergie, bouffées de chaleur.

Connaître le lien entre alimentation, microbiote et symptômes permet déjà de mieux comprendre ce que nous vivons, et ouvre la porte à des solutions concrètes pour retrouver plus de stabilité, d’énergie, de confort et d’harmonie dans cette période de transition.

Travailler sur son microbiote, c’est retrouver une stabilité globale — physique, émotionnelle, métabolique. C’est ce que j’ai fait pour moi, et c’est ainsi que j’accompagne les femmes, aujourd’hui, dans ma pratique.

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     Epona Rodriguez-Benhoumeur

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